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Encadrer ceux qui ont
des difficultés pour lire et écrire, la noble tâche… Mais il
faut soi-même une formation bien rodée. Il y a une méthode :
la pédagogie fonctionnelle qui donne des résultats rapides.
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| Arianne Dalais discute avec Josian Labonté, de
Caritas. | Entourés d’une
quinzaine d’animateurs et d’animatrices à l’intérieur du
centre de la paroisse de Notre-Dame-des-Anges à Mahébourg,
Arianne Dalais, discute avec les amis dont elle vient de faire
la connaissance. Ils sont venus eux aussi assister à un
atelier de travail, d’une durée d’un mois, sur la pédagogie
fonctionnelle. L’atelir est animé par Josian Labonté, de
Caritas.
Depuis deux ans Arianne et ses amies donnent
des cours d’alphabétisation aux adultes de
Mon-Trésor-Mon-Désert, de Camp- Carol et de Le Bouchon. Les
apprenants, une trentaine, sont de différents niveaux
académiques. L’objectif est que chaque individu puisse parler
lire, écrire et avoir une connaissance de base. Qu’est-ce qui
a motivé Arianne à s’engager dans cette mission ? “Il y a
plusieurs années de cela, des ouvriers qui travaillaient avec
mon mari n’avaient pas pu obtenir de promotion, ne sachant pas
lire et écrire malgré leurs nombreuses années de service,
d’expérience et de dévouement. Cela m’avait chagriné au point
où j’ai dit à mon mari de me les envoyer pour leur enseigner à
lire et à écrire. Mon mari m’a répondu qu’ils ont eu aussi
leur dignité,” raconte Arianne.
Cette réponse ne
décourage pas pour autant Arianne. L’idée d’aller de l’avant
avec ce projet lui trotte dans la tête. Très prudente, cette
habitante de Mon-Trésor-Mon-Désert ne veut pas s’y aventurer
Elle voulait s’armer pour mieux affronter la réalité dans un
domaine inconnu. “J’ai voulu suivre des cours pour acquérir
une bonne technique d’enseignement mais comme ces cours
étaient dispensés en langue créole, je n’étais pas trop
enthousiasmée. Je ne voyais pas l’intérêt d’enseigner le
créole à des Mauriciens”.
Avec le temps, Arianne a
changé d’opinion. D’où sa première parti-cipation à cet
atelier de travail samedi dernier. “J’ai été très
impressionnée par cette technique d’enseignement. J’ai
découvert qu’il faut enseigner à partir de la propre réalité
des apprenants. Par exemple, on ne leur demande pas
d’apprendre l’abécédaire mais B comme banane pour qu’ils
puissent se rappeler ce qu’ils ont mangé et les réconcilier
avec la réalité”, explique l’enseignante.
Ayant appris
à enseigner à partir d’une méthode spécifique, Arianne est
émerveillée : elle a découvert une nouvelle approche dans ce
domaine. “La formation est indispensable si nous voulons nous
perfectionner”, soutient-elle. Soutenu financièrement par la
Fondation Espoir Développement (FED) du groupe Beachcomber,
Arianne “rêve” qu’il n’y ait plus d’analphabètes dans cette
région. “Je serais très fière d’y avoir contribué”.
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