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Article publié le Jeudi 1 juin 2006.


COURS D’ALPHABÉTISATION
Apprendre pour enseigner…


Encadrer ceux qui ont des difficultés pour lire et écrire, la noble tâche… Mais il faut soi-même une formation bien rodée. Il y a une méthode : la pédagogie fonctionnelle qui donne des résultats rapides.

Arianne Dalais discute avec Josian Labonté, de Caritas.
Arianne Dalais discute avec Josian Labonté, de Caritas.
Entourés d’une quinzaine d’animateurs et d’animatrices à l’intérieur du centre de la paroisse de Notre-Dame-des-Anges à Mahébourg, Arianne Dalais, discute avec les amis dont elle vient de faire la connaissance. Ils sont venus eux aussi assister à un atelier de travail, d’une durée d’un mois, sur la pédagogie fonctionnelle. L’atelir est animé par Josian Labonté, de Caritas.

Depuis deux ans Arianne et ses amies donnent des cours d’alphabétisation aux adultes de Mon-Trésor-Mon-Désert, de Camp- Carol et de Le Bouchon. Les apprenants, une trentaine, sont de différents niveaux académiques. L’objectif est que chaque individu puisse parler lire, écrire et avoir une connaissance de base. Qu’est-ce qui a motivé Arianne à s’engager dans cette mission ? “Il y a plusieurs années de cela, des ouvriers qui travaillaient avec mon mari n’avaient pas pu obtenir de promotion, ne sachant pas lire et écrire malgré leurs nombreuses années de service, d’expérience et de dévouement. Cela m’avait chagriné au point où j’ai dit à mon mari de me les envoyer pour leur enseigner à lire et à écrire. Mon mari m’a répondu qu’ils ont eu aussi leur dignité,” raconte Arianne.

Cette réponse ne décourage pas pour autant Arianne. L’idée d’aller de l’avant avec ce projet lui trotte dans la tête. Très prudente, cette habitante de Mon-Trésor-Mon-Désert ne veut pas s’y aventurer Elle voulait s’armer pour mieux affronter la réalité dans un domaine inconnu. “J’ai voulu suivre des cours pour acquérir une bonne technique d’enseignement mais comme ces cours étaient dispensés en langue créole, je n’étais pas trop enthousiasmée. Je ne voyais pas l’intérêt d’enseigner le créole à des Mauriciens”.

Avec le temps, Arianne a changé d’opinion. D’où sa première parti-cipation à cet atelier de travail samedi dernier. “J’ai été très impressionnée par cette technique d’enseignement. J’ai découvert qu’il faut enseigner à partir de la propre réalité des apprenants. Par exemple, on ne leur demande pas d’apprendre l’abécédaire mais B comme banane pour qu’ils puissent se rappeler ce qu’ils ont mangé et les réconcilier avec la réalité”, explique l’enseignante.

Ayant appris à enseigner à partir d’une méthode spécifique, Arianne est émerveillée : elle a découvert une nouvelle approche dans ce domaine. “La formation est indispensable si nous voulons nous perfectionner”, soutient-elle. Soutenu financièrement par la Fondation Espoir Développement (FED) du groupe Beachcomber, Arianne “rêve” qu’il n’y ait plus d’analphabètes dans cette région. “Je serais très fière d’y avoir contribué”.


Jocelyn ROSE

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