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Article publié le Lundi 12 février
2007. |
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 «MISSION GRATITUDE» Ce
précieux repas quotidien
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| Sans l’aide de “Mission Gratitude” de Caritas
Roche-Bois, ces jeunes de l’école Emmanuel- Anquetil
auraient passé la journée à étudier avec uniquement un
morceau de pain dans
l’estomac. | Ils sont près d’une
soixantaine d’enfants âgés entre six et 12 ans qui fréquentent
l’école Emmanuel-Anquetil à Roche-Bois. Sans la “Mission
Gratitude”, de Caritas Roche-Bois, qui leur offre en semaine
un repas chaud à midi, ils auraient passé la journée à étudier
rien qu’avec un morceau de pain beurré dans l’estomac.
Il est midi moins le quart et il règne un silence
quasi-religieux dans la salle de réunions de l’église
Notre-Dame de l’Assomption à Roche-Bois. A midi pile, une
cinquantaine de garçonnets et de fillettes, certains tenant la
main de plus jeunes qu’eux, font leur entrée dans un vacarme
assourdissant. Les plus turbulents se calment d’un coup en
voyant un visage étranger.
Ce qu’ils apprécient le
plus, c’est de découvrir dans leur assiette des mets qu’ils
voient très rarement à la maison. Pour Aurélie, Claudia et
Rachel, le menu prend des allures de fête quand il comprend du
riz frit, des mines frits ou du meefoon frit. “Li vre ki mama
pa konn kwi sa me pa gaygn souvan tou bann zafer ki met ladan
la”, dit Rachel. Anièle, elle, adore lorsqu’il y a du briyani
au déjeuner. Aurélie avoue qu’elle s’endort parfois la nuit
l’estomac vide. “Kapav arive pena nanien.”
Christina,
11 ans, tient fermement la main de son jeune frère. Elle
réagit déjà comme un chef de famille mais en miniature car en
sus de veiller que le petit ne laisse rien dans son assiette,
elle conserve la moitié du pain fourni par l’Etat pour… son
père. “Li fin kan li sorti travay”, explique-t-elle. Elle est
affirmative : un repas chaud l’aide à mieux se concentrer à
l’école.
“Sa manze la donn mwa bel lenerzi
!”
Sweetha, 11 ans, mais qui en paraît davantage
en raison de sa corpulence, reconnaît que sans ce repas chaud,
ses parents n’auraient pas été en mesure de lui fournir autre
chose que “dipin diber”. “Sa manze la donn mwa bel lenerzi.”
Jason, dix ans, est un habitué du projet “Mission
Gratitude” car il prend avantage de ce programme alimentaire
depuis son lancement. Cet aîné de deux enfants, dont le papa
est maçon, avoue qu’un repas chaud n’est pas toujours
disponible chez lui à l’heure du dîner. Et ce n’est pas tous
les jours qu’il aurait été en mesure d’apporter un sandwich à
l’école. “Ena fwa pa gaygn dipin pou vinn lekol.” Ce repas
chaud du midi, affirme-t-il, lui donne des forces et lui
permet de mieux travailler en classe. Le pain qu’il reçoit de
l’Etat, il en mange une moitié et en ramène l’autre à sa jeune
sœur.
Patrick, dix ans, va manger de son plus bel
appétit. Et pour cause : au dîner de la veille, il n’y avait
que du pain et des gros pois. “Pa ti ena diri dan lakaz”,
confie-t-il d’un air contrit. Comme Jason, il trouve que ce
repas chaud le renforce.
Mirella Benoît et les cinq
bénévoles qui, avec d’autres animent, à tour de rôle, le
projet “Mission Gratitude” ont terminé leurs tâches. Le
couvert des enfants – une assiette, un gobelet en plastique et
une cuillère – est mis sur les tables qui ont été pour
l’occasion disposées en U. Il ne reste plus qu’à transférer
les marmites fumantes du coin cuisine à la salle à manger
improvisée.
Le menu du jour, qu’elles ont préparé,
comprend du riz, une fricassée de dholl et un sauté de
saucisses de poulet au maïs. Initialement, de la crème
anglaise était prévue au dessert mais puisqu’un particulier a
fait don de petites tablettes de chocolat, c’est cette
friandise qui sera distribuée. La crème anglaise sera
réfrigérée pour être distribuée par les bénévoles prenant le
relais le lendemain.
Mirella Benoît et ses
collaboratrices n’ont que 15 minutes pour souffler et vérifier
qu’il ne manque rien à leur mise en place. Les bénévoles
servent le repas. Une fois les assiettes remplies, les enfants
se mettent debout et frappent dans leurs mains tout en
récitant avec entrain ce qui pourrait tenir lieu de bénédicité
: “Thank you Lord for giving us food right where we are.”
La dernière syllabe prononcée, ils s’asseyent et
dévorent la nourriture. Les assiettes se vident en un rien de
temps et plusieurs enfants en redemandent. On leur resert une
deuxième, une troisième et parfois même une quatrième fois.
“Nous cuisinons toujours pour des bouches supplémentaires.
Quitte à priver les animatrices du déjeuner, nous préférons
que les enfants mangent à leur faim”, confie Mirella Benoît.
Les animatrices passent d’un enfant à l’autre pour remplir
leurs gobelets d’eau du robinet.
La demi-heure de
récréation est vite passée. C’est l’estomac rempli et le cœur
content que ces enfants s’empressent de regagner leurs salles
de classe où ils n’hésiteront pas à raconter à leurs camarades
ce qui a constitué le menu du jour. Comme quoi, il suffit de
peu pour leur faire oublier leurs réalités quotidiennes…
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Marie-Annick
SAVRIPÈNE
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