Dimanche 13 août 2006 - No. 15879

Consultez
Les archives
de l'express

Vous êtes ici: Accueil  > Société

l'express dimanche

L'événement

Faits et gestes

Politique

Économie

Opinion

Société

On en parle

Dossier

Les soirées d’expresso

Gens d’ici et d’ailleurs

Culture

Magazine

Monde

Jeunes

Style de vie

Télé des zappeurs

La télé des zappeurs

L’ oeil sur …

Sport

la sentinelle
Société


AIDE ALIMENTAIRE
Le pain retourne sur les bancs


Le gouvernement est revenu temporairement sur sa décision d’interrompre la distribution de pain dans les écoles alors que Rama Sithanen, ministre des Finances, effectue une campagne en vue de mobiliser l’investissement étranger.

Cette image de la distribution de pain dans une école redeviendra bientôt familière.
Cette image de la distribution de pain dans une école redeviendra bientôt familière.
Il n’est pas toujours facile de concilier les impératifs économiques avec les exigences sociales. Le 9 juin, lors du discours du budget, Rama Sithanen, ministre des Finances, annonce l’abolition de la distribution de pain dans les écoles primaires. Il se propose de la remplacer par un système plus rationnel qui vise à accorder plutôt une aide financière àdes familles qui méritent vraiment un soutien de l’État.

Si cette démarche suit la logique de contrôle des dépenses de l’État, elle a été mal accueillie dans le monde éducatif, ainsi que par les associations qui œuvrent auprès des familles défavorisées de la société. « C’est une très mauvaise décision. Il y a de nombreux enfants qui dépendent de la distribution de pain pour manger. Un petit à l’estomac vide ne peut pas suivre la classe. C’est aux directeurs d’école de veiller à ce qu’il n’y ait pas de gaspillage. Il n’y a rien de mal si un enfant aisé prend son pain et décide de le donner à un enfant qui est dans le besoin », assure Yousouf Dauhoo, président de SOS pauvreté.

« La mobilisation de l’opinion publique contre l’interruption de la distribution de pains dans les écoles a eu raison du gouvernement. Il a enfin compris que de nombreuses personnes comptent non seulement sur la distribution de pain, mais aussi sur la subvention sur les produits alimentaires de base. Rama Sithanen paie les conséquences de l’application stricte des recommandations de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international. Il n’a pas tenu compte du social dans la préparation de son budget », estime Georges Legallant, mem-bre de Rezistans ek Alternativ.

Selon Jacques Dinan, président de Caritas île Maurice, « ce pain est essentiel aux enfants des familles défavorisées. Bon nombre d’entre elles risquaient de ne pas toucher l’aide financière envisagée dans le dernier budget à la place de la distribution de pain. D’autant plus que pour pouvoir en bénéficier, il faut être abonné au Central Electricity Board, un des critères requis pour toucher cette aide. Il serait souhaitable d’entreprendre une étude approfondie pour déterminer le profil des familles qui ont le plus besoin de cette aide. Il faut tout faire pour éviter les possibilités de gaspillage ».

Ce sentiment est partagé par les dirigeants syndicaux qui, dès le début, se sont opposés à l’interruption de la distribution du pain. Opposition qui a abouti à l’organisation d’une marche de protestation, le 5 août, dans la circonscription de l’initiateur Rama Sithanen.

Toolsiraj Benydin, porte-parole de la plateforme syndicale instituée pour protester contre la hausse des prix de plusieurs commodités et l’enlèvement des subventions sur les produits alimentaires de base, lance un appel pour qu’il n’y ait pas de gaspillage.

« Nous avons en tête de combattre la pauvreté sous toutes ses formes. La marche du pain que nous avons organisée le 5 août pour manifester notre désapprobation face, entre autres, à la hausse des prix, a porté ses fruits. Cela nous encourage à poursuivre notre combat. »


La rupture parfois douloureuse

Pour Vinod Seegum, président de la Government Teachers’Union (GTU), c’est une grande victoire. « Depuis le début, nous avons contesté cette mesure. Avant d’être syndicaliste, je suis enseignant. Les enfants utilisent le pain qu’on leur donne. S’ils ne le consomment pas à l’école, ils le font à la maison. Cela s’applique même dans les régions où le niveau de vie est relativement élevé. La question du gaspillage ne se pose pas. La preuve est que la distribution de pain pour 2005-2006 a coûté Rs 16,9 millions au lieu des Rs 26 millions initialement prévues dans le budget. »

Bhoseduth Ramsohok, président de la Mauritius Head Teachers’Association (MHTA), est favorable au retour à l’ancien système. « On ne peut pas créer deux catégories d’enfants dans une même classe. Les enfants sont les enfants. Ils ne pensent pas en termes de la classe à laquelle ils appartiennent ou en termes de celle qui est dans le besoin. »

L’issue des débats autour de la distribution de pain dans les écoles reflète parfaitement la difficulté que rencontre Rama Sithanen pour faire accepter l’approche adoptée dans son budget, qui préconise une véritable rupture, parfois douloureuse, avec des habitudes que la conjoncture économique n’autorise plus.

« Sithanen a été un peu trop loin », explique un proche du pouvoir qui refuse de parler à visage découvert. Comme quoi en politique, il y a des raisons que l’économie ignore encore.



36 ans de pratique

En décidant d’interrompre la distribution de pain dans les écoles, le 9 juin, Rama Sithanen a mis un terme à une pratique introduite il y a 36 ans sous l’égide du Programme alimentaire mondial (Pam). Cette aide consistait à donner aux écoliers une tasse de lait, du pain, du fromage et des fruits secs. Le but était d’encourager les enfants qui n’avaient pas les moyens de bien se nourrir et d’être présents en classe pour leur permettre de réaliser une performance acceptable.

En 1996, le Programme alimentaire mondial se retire de Maurice, estimant que la performance économique du pays ne justifie plus sa présence. Les raisons avancées par le gouvernement de l’époque pour justifier le maintien du programme ne vont pas convaincre les dirigeants du Pam. Le gouvernement, conscient de l’importance de cette aide, va contre vents et marées subventionner la distribution du pain. Près de 104 620 écoliers répartis dans 247 institutions sont touchés. Cette aide a coûté Rs 16,9 millions en 2005-2006. Il faut souligner, à la décharge de Rama Sithanen, qu’il a voulu réorienter cette aide dans le but de rationaliser les dépenses de l’État. Sa formule consiste à établir le profil des familles auxquelles cette aide devrait être attribuée. Pas de distribution, certes, mais à la place le versement d’une allocation aux familles méritantes. L’approche est noble mais, péche par son incapacité à tenir compte de certains facteurs déterminants, tels que l’impossibilité pour certaines familles d’être abonnées au CEB, ce qui les élimine de facto.




Lindsay PROSPER

Je suis un homme et je me bichonne !

TRAVAILLEURS SOCIAUX:   Les éducateurs de rue fondent leur organisation

CONFÉRENCE PUBLIQUE:   Paul Bérenger renoue avec l’histoire

MENACES TERRORISTES:   Les vols au départ de Londres perturbés

SOLIDARITÉ:   Il faut sauver Denzel

QUESTIONS AU:   Dr Raj Poontah, expert médico-légal

PRESSE:   Fructueux échanges entre journalistes

En bref

SÉQUESTRATION ALLÉGUÉE:   La mésaventure d’Antonio

AFFAIRE SAVRIACOOTY:   Qui veut aider Marie-Lindley ?

INDICES

 

envoyer l'article

imprimer l'article

Notre Partenaire


Nous contacter
| Publicité | Abonnez-vous | Webmaster
© Copyright La Sentinelle
Designed and Hosted by Telecom Plus Ltd