Mercredi 20 décembre 2006 - No. 16008

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30 familles risquent d’être sans abri le 31 décembre


Des officiers du Trust Fund for the Integration of Vulnerable Groups discutant avec des squatters à Bois-Marchand en septembre 2005.La période des fêtes est maintenant proche. Pourtant, certains ne peuvent se réjouir. Dans quelques jours, une trentaine de familles seront sans toit.

Elles font partie des 76 familles de squatters des complexes résidentiels de la National Housing Development Company, temporairement relogés en divers endroits du pays après leur éviction de ces locaux. Elles étaient alors dans l’attente de la réalisation d’un projet de relogement à Bambous. Mais depuis, elles n’ont pu payer leur loyer et seront donc mises à la porte. L’organisation non gouvernementale (ONG) Caritas – Ile Maurice tire la sonnette d’alarme pour aider ces familles, actuellement en situation précaire, notamment à Curepipe et à Pointe-aux-Sables. Un comité regroupant cette ONG, la Commission catholique pour la justice, le Mouvement social débarcadère et le Mouvement social de la jeunesse mauricienne est actuellement dans l’attente d’un rendez-vous avec un représentant du ministère de la Sécurité sociale.

Au programme initial de relogement, chacune de ces 76 familles bénéficiait d’un terrain à Bambous. Il y était prévu la construction d’habitations de deux pièces en tôle, avec une aide du Trust Fund for the Social Integration of Vulnerable Groups à Rs 40 000 par famille, sous forme de matériaux de construction remis aux ONG pour transmission aux destinataires. Le comité d’ONG a lui proposé un projet de logement intégré pour ces 76 familles, baptisé “Terre nouvelle”. “Les ONG ne veulent pas perpétuer la culture des bidonvilles. Nous avons réussi à faire valoir auprès du gouvernement le projet pour que l’on puisse faire construire en dur”, explique Jacques Dinan, président de Caritas – Ile Maurice. Ce plan comprend la construction de maisons en béton, au coût de Rs 250 000 par habitation et inclut un suivi en termes d’éducation et d’emploi des bénéficiaires. Il veut ainsi cadrer avec les vœux d’Empowerment Programme.

La Sécurité sociale n’y est pas restée insensible et, le 1er décembre, elle a proposé la construction de logements pour 150 familles ayant moins de Rs 4 000 de revenus mensuels. Les 76 familles de squatters sont du lot. “L’idée a fait son chemin. Le projet-pilote sera le logement de ces 76 familles. Ça a avancé parce qu’il y a eu une collaboration entre les ONG et le gouvernement”, souligne Jacques Dinan. “On a beaucoup progressé mais il faudrait accélérer le processus. Si ces familles reçoivent un signal positif, elles seront plus fortes pour tenir encore quelques mois.” N’ayant plus de choix devant l’échéance qui approche, certaines de ces familles projettent d’aller, dès maintenant, installer leurs “tentes” sur les terrains de Bambous.


Sharon SOOKNAH

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