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Article publié le Dimanche 25 décembre 2005.


QUESTIONS À… CURSLEY GOINDOORAJOO, TRAVAILLEUR SOCIAL
« Les Mauriciens sont généreux si l’on joue le jeu de la transparence »


Les Mauriciens sont-ils généreux ?

Sans hésitation, je réponds oui ! Dans le cas de notre projet Abri de nuit, qui vise à accueillir, à héberger et à offrir un repas aux sans-abris, les personnes répondent toujours à nos appels à la solidarité. Je peux également citer l’exemple de l’appel lancé par Caritas après le tsunami de l’an dernier : Rs 5 millions ont été recueillies. Les Mauriciens sont généreux si l’on joue le jeu de la transparence et si l’on prend le temps de leur expliquer le but du projet. Autre constat : le Mauricien est encore plus généreux quand il voit que ce qu’il donne va directement aux bénéficiaires. Par exemple : si on le sollicite pour financer un repas ou des jouets, il acceptera tout de suite.

Quels sont les dons que financent généralement les Mauriciens ?

Mon expérience à Caritas m’a montré que les Mauriciens sont très sensibles à tout ce qui concerne la nourriture, les vêtements et le matériel scolaire.

Une autre forme d’aide que nous avons développée parce que très populaire est le « sponsoring » direct. C’est-à-dire que l’on demande, dans le cas d’aide à des jeunes enfants défavorisés, au « parrain » de payer, chaque mois, les frais des leçons particulières d’un enfant. Les Mauriciens s’engagent rapidement dans la durée pour ce type de projet.

Comment expliquez-vous cette générosité de nos concitoyens ?

Je crois que c’est presque inné chez nous. La générosité est une valeur que nous avons héritée de nos ancêtres, car tous nos ancêtres ont souffert à leur arrivée et ont dû compter sur les autres pour s’en sortir. De plus, peut-être est-ce également parce que la solidarité et la générosité sont des valeurs véhiculées dans les religions présentes à Maurice.

Nous avons deux types de donateurs : celui qui est régulier et qui s’engage dans le temps ; et celui qui est ponctuel. Par exemple, il ne donnera un chèque qu’à Noël. Mais il sera fidèle à cet engagement. Nous constatons également que de nombreux donateurs préservent jalousement leur anonymat.

Est-ce facile de faire appel à la générosité du public ?

Si l’on est disposé à jouer la transparence, cela devient facile. Mais une chose handicape la générosité publique et crée la méfiance chez nos compatriotes : il y a trop d’organisations non gouvernementales qui ne sont pas « sérieuses » et qui discréditent le travail de celles très engagées sur le terrain.


■ Propos recueillis par Erick BRELU-BRELU


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