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 FONDS
D’AIDE AU LOGEMENT DE CARITAS Le
rêve d’une maison ou la maison
rêvée…
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| Grâce à un emprunt qui lui a permis d’acheter des
matériaux, Diane Antoinette aura bientôt un
toit. | Diane Antoinette, 32
ans, qui est à la tête d’une famille monoparentale, pensait ne
jamais pouvoir espérer mieux que le don du Trust Fund for the
Social Integration of Vulnerable Groups, soit un terrain de 50
toises à Bois-Marchand et des feuilles de tôle cannelée et des
poutrelles de bois qu’elle a transformées en une-pièce. Mais
grâce au Fonds d’aide au logement de Caritas Ile Maurice, elle
pourra bientôt prendre possession d’une maisonnette en dur
avec salle de bains et toilettes incluses.
Contrairement aux idées reçues, pauvreté ne rime pas
forcément avec saleté. Ce qui est frappant dans l’une-pièce en
bois et tôle appartenant à Diane Antoinette, c’est la propreté
ambiante. Même si la jeune femme n’a pas d’eau courante dans
ce logis et qu’elle doit s’approvisionner à la fontaine
publique à l’aide d’une lance à eau, son intérieur est propre.
Le lit où elle couche avec ses enfants, Terry, 10 ans
et Zoélie, cinq ans, est fait et les draps sont immaculés.
Aucune trace de graisse n’est visible sur la petite cuisinière
à gaz où elle prépare leurs repas. Le bout de linoléum
recouvrant le sol luit à force d’avoir été astiqué.
Une demi-partition en contre-plaqué sépare le coin
chambre à coucher du coin télé. En face du petit téléviseur,
des pochettes de ciment sont soigneusement entassées. Pour
Diane, ce matériau, ainsi que le rocksand, le macadam, le fer
qu’elle a réussi à acheter avec l’emprunt contracté auprès de
Caritas Ile Maurice, sont aussi précieux que de l’or en barres
car ils lui garantissent un toit solide pour sa sécurité et
celle de ses enfants.
Diane n’a pas toujours vécu dans
la précarité. Cette jeune femme, qui travaillait comme femme
de ménage à Plaine-Verte, vivait avec son compagnon et leurs
enfants dans une maison en location à Ste.-Croix. Lorsque son
couple a tourné court, Diane a pris ses enfants et loué une
maison à Riche-Terre. Le hic, c’est qu’avec une rentrée
d’argent en moins, il lui était impossible de soutenir le
montant du nouveau loyer, soit Rs 1 500, l’équivalent de son
salaire.
Il est vrai qu’elle percevait Rs 925.
d’allocation mensuelle du ministère de la Sécurité sociale
mais c’était insuffisant pour nourrir les siens et payer les
factures. Diane n’a alors eu d’autre choix que d’aller
squatter une maison à Terre-Rouge jusqu’à ce qu’on la jette
dehors. “Monn al rod enn ti plas reste kot mo ser Ste.-Croix
me li pa ti fasil parski ti ena deza mo frer ek so fam laba.
Nou ti trwa fami pe res dan de lasam. Ler Trust Fund inn vizit
nou, zot inn realiz nou sitiasyon e zot pa finn les nou
tonbe.”
Titre de propriété et emprunt
C’est l’an dernier qu’elle reçoit son titre de
propriété pour 50 toises à Bois-Marchand de même que des
feuilles de tôle et du bois qui lui ont permis de se
construire son petit chez-soi et de l’aménager en conséquence.
Mais lorsqu’approche la rentrée scolaire, elle n’a pas les
moyens d’acheter des chaussures ou des uniformes pour ses
enfants.
Elle se rend donc chez Caritas Ile Maurice et
rencontre Patricia Adèle-Félicité, la coordonnatrice des 40
services d’écoute de cette organisation non-gouvernementale
qui lui parle du Fonds d’aide au logement.
Craignant
les cyclones et voulant d’une maison en dur avec toilettes et
salle de bains, elle décide de prendre avantage de ce projet
et d’emprunter Rs 25 000 pour s’acheter des matériaux de
construction et avoir enfin sa maison. Sa demande est
acceptée. Cela lui fera des remboursements mensuels de Rs 500.
Pour assurer le remboursement tout en élevant ses
enfants, Diane a changé de métier. Elle travaille désormais
comme laboureur dans les champs de canne et gagne Rs 2 000 par
mois. “Mo pa ti konn koup kann me monn aprann. Kan ou zanfan
fin, dan tou metye ou bizin rantre.”
Sa construction
en dur, qui a démarré, est même bien avancée. Diane aurait
voulu qu’elle ait des ailes. “Mo pe atann la fin sa lakaz la.
Mo espere pa pou ena siklon ziska la parski se kan ou tousel
ki ou tann li plis. Avek sa lakaz en beton, mo pou plis en
sekirite…”
PRÊT SANS
INTERET
20 familles de Bois-Marchand souscrivent au
Fonds d’aide
■ Il n’y a pas que des squatters à
vivre près de l’autoroute à Bois-Marchand. 29 familles y ont
légalement obtenu un lopin de terre des autorités et 22
d’entre elles y habitent effectivement. De ce nombre, 20
familles ont souscrit au Fonds d’aide au logement de Caritas
Ile Maurice, empruntant entre Rs 15 000 et Rs 25 000,
remboursables sans intérêts sur cinq ans. Ce projet, calqué
sur la “Grameem Bank” bangladaise de Mohammad Yunus, Prix
Nobel de la Paix 2006, a été lancé, il y a huit ans à Curepipe
par Françoise Lamusse. Il a permis d’aider 128 familles
curepipiennes et le taux de remboursement est de 90 %. Caritas
Ile Maurice a lancé son Fonds d’aide en juin dernier avec un
dépôt de Rs 458 000 et a déjà épuisé ce montant. Pour pouvoir
aider d’autres demandeurs, cette ONG en appelle à la
générosité des donateurs.
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Marie-Annick
SAVRIPÈNE
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