SERVICE ECOUTE ET DÉVELOPPEMENT

Empowerment des plus pauvres

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Le service des pauvres fait partie intégrante de la mission de la paroisse, explique Patricia Adèle-Félicité, l'une des deux coordinatrices nationales du Service Ecoute et Développement (SEED) de Caritas-île Maurice. Ce service a été consolidé et professionnalisé ces vingt dernières années. Du secours d'urgence traditionnel, il a évolué vers une structure d'«empowerment».

Le service d'écoute est né à l'initiative du père Robert Dalais, curé de Roche-Bois, dans un contexte de grand chômage en 1985. «Cette expérience a été, par la suite, disséminée dans une
quinzaine de paroisses. En marge du synode et
'pour que rien ne se perde', il fut décidé de restructurer le service social et de repositionner les Caritas paroissiales.»

Une volonté fortement exprimée dans les décrets synodaux et qui font, entre autres, état de la nécessité d'une «vision commune de l'apostolat social», d'un «plus grand nombre de travailleurs sociaux permanents» qui seront les «moteurs de divers projets et accompagneront les pauvres et les exclus sur le terrain», et d'une Ecole de formation qui «aiderait à dépasser les rivalités pour devenir davantage partenaires (...) dans le service des pauvres.»

Orientation claire

C'est ainsi qu'en 2001, la démultiplication des SEED se dessinait claire et nette. Patricia sillonne l'île pour voir les réalités des différentes paroisses. Un comité ­ comprenant entre autres les pères Dalais, Fleurot, Romaine ­ réfléchit à la question.

«Le résultat est le fruit d'un travail planifié. En 2001 et 2002, Caritas-île Maurice se donne deux priorités : lancer le SEED là où il n'en existe pas et consolider la formation des agents de développement. Sans compter l'adoption d'une politique commune qui s'est traduite par l'adoption d'une appellation commune, des orientations claires...»

Lieu d'accueil et d'écoute, le SEED offre une variété de services. «Les permanents et volontaires visitent les bénéficiaires, offrent le secours d'urgence ­ aujourd'hui encore un très gros besoin ­, orientent vers les structures existantes, car il s'agit de ne pas démultiplier le travail. Et non des moindres, ils offrent un accompagnement à long terme à travers la formation, la mise en place de projets de soutien...»

Servir sans discrimination

Des services offerts surtout à des mères célibataires, des chômeurs, des malades... :
des pauvres de toutes les communautés. «Par exemple, explique Patricia, la proximité

du SEED de Tranquebar avec Vallée-Pitot fait que celui-ci accueille un grand nombre de musulmans... Il y a eu certes une amélioration dans le niveau de vie des Mauriciens, mais des grandes poches de pauvreté, des quart-monde existent ça et là.»

Le SEED n'a eu de cesse de s'adapter avec la réalité ces dernières années. «Nous sommes passés du secours d'urgence à de grandes demandes autour de l'Education, du logement...
Cinq SEED ont ainsi accompagné ces dix derniers mois des sans-logis et continuent encore à le faire. Les responsables se donnent à fond, de tout cœur. On sent qu'ils sont animés d'une vraie vocation... Notre proximité avec la base, notre réseau bien établi, nos ressources humaines, notre qualité d'accompagnement font qu'aujourd'hui, nous sommes bien sollicités par des ministères et des ONG.
»

Former et professionnaliser

2004, 2005 ont été pour le SEED des années de professionalisation des volontaires de Caritas. 2006 est celle de la formation des agents de développement. D'ailleurs, une quarantaine d'entre eux suivent des cours de leadership social à l'ESJ. Une formation qui ouvre les horizons et qui permet de mieux comprendre la situation sociale en côtoyant des animateurs de l'Ecole Complémentaire, du Centre de Solidarité, d'Etoile Espérance...

Autant de petits progrès qui font qu'aujourd'hui le SEED de Caritas-île Maurice est mieux vu tant par les prêtres que par les Fabriques paroissiales.

«La collaboration est aujourd'hui réelle. D'ailleurs, nous encourageons vivement les permanents et les volontaires à partager leur travail avec la communauté et à susciter leur solidarité. Le SEED piétinera tant qu'il n'y aura pas un permanent. Car c'est essentiellement un travail d'équipe, avec à la tête un leader. Notre objectif est que chaque SEED ait un coordinateur présent au moins trois fois la semaine.»

Pour rejoindre leurs frères et sœurs mauriciens les plus pauvres, offrir une réponse à leur souffrance et faire route avec eux.

Danièle Babooram

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