ABRI DE NUIT Selon C. Goindoorajoo
De nouveaux " profils " parmi les sans-abri
Ils exerçaient le métier de superviseur, policier,
douanier, enseignant et gagnaient bien leur vie. Un jour, tout
a basculé
Perte d'emploi pour certains, déception
conjugale pour d'autres. Entre le désespoir, le gouffre,
ils ont préféré saisir la balle au bond et
se réfugier à l'Abri de Nuit. Constat
Pour Cursley Goindoorajoo, coordonnateur national de l'Abri de
nuit, Maurice fait face à une nouvelle génération
de sans-abri. " Maintenant, c'est difficile de les reconnaître
car le profil a changé. Ils sont des pères de famille
à bonne situation qui ont tout perdu en un rien de temps.
" Cursley Goindoorajoo note que plusieurs facteurs ont
contribué à cette situation. " La crise
économique et sociale, l'effondrement de la famille, la
drogue, l'alcool, leur dépendance face aux jeux du hasard
et pour d'autres la perte d'emploi. Très vite, cela a contribué
à leur déchéance et à leur faire perdre
leur dignité d'homme ", soutient-il.
De là à dire si ces sans-abri parviennent à
se reconstruire à L'Abri de Nuit, notre intervenant reconnaît
qu'ils ont d'abord su frapper à la bonne porte. "
On leur a redonné une certaine confiance en eux et on leur
a appris à nouveau à s'aimer et à retrouver
la joie de vivre. " Cinq chambres sont mises à
leur disposition et l'on peut abriter six à huit personnes
par chambre. Ces nouveaux pensionnaires ont même donné
des noms à leurs chambres comme California, pour
l'un d'entre eux, qui lui rappelle ses souvenirs, et, pour un
autre, la Crécerelle, comme pour se persuader qu'un jour
où l'autre, sa vie reprendra son envol.
Cursley Goindoorajoo précise que la discipline reste toujours
la règle d'or. " Il faut qu'ils se conforment à
des règles d'hygiène, qu'il y ait un certain respect
mutuel entre chacun de ces pensionnaires. Ceux qui travaillent
partent vers 8h pour retourner vers les 16h. Ils ont leurs
tâches quotidiennes qui consistent à préparer
le repas, faire la lessive
Ensuite, ils discutent entre
eux, et à travers des témoignages des uns et des
autres parviennent à se reconstruire. Certains ont même
su tirer profit de cette situation, et ont pu, par la suite regagner
leurs foyers. D'autres se cherchent encore, en espérant
que demain sera un autre jour. " Cursley Goindoorajoo
reconnaît que dans ce genre de situation, personne n'est
à l'abri. " Avant la création de l'abri
de nuit, on allait à la rencontre des SDF dans la rue,
en leur donnant à manger et en leur procurant des vêtements
; aujourd'hui, avec le nouveau profil des SDF, c'est tout un concept
qui doit être établi. Il demande la compréhension,
le soutien et l'accompagnement de tout un chacun. " Le
coordonnateur en appelle à tous ceux intéressés
à uvrer comme bénévoles ou animateurs
au sein de l'Abri de nuit à prendre contact avec Caritas.