LOGEMENT 76 familles attendent des maisons
Les ONG de Terre Nouvelle tirent la sonnette d'alarme
Les relations se sont crispées entre les 76 familles qui attendent d'être relogées à Bambous, et les représentants d'ONG qui les ont accompagnées depuis près de 18 mois maintenant. Jacques Dinan, président de Caritas, ainsi que les représentants d'ONG, affichent leur inquiétude depuis que plusieurs propriétaires de maisons ont décidé de mettre à la porte plusieurs des familles d'ici la fin de cette année, pour non-paiement de location et/ou des factures d'électricité.
Il y a un an et demi éclatait la crise aiguë de juillet-août 2005, lorsque des familles se sont retrouvées sur le terrain de football de Camp-Levieux, Rose-Hill, alors qu'elles aspiraient à un appartement NHDC. Les négociations et les actions de sensibilisation à leur cause se sont depuis poursuivies, largement menées par le Mouvement Social Débarcadère, le Mouvement Social pour la Jeunesse Mauricienne, le Service d'Écoute et de Développement de Caritas et le Comité Catholique pour la Justice, réunies en collectif.
Parmi elles, se trouvaient des enfants et des nourrissons âgés de quelques jours. " On leur a expliqué toutes les démarches qui ont été accomplies cette année, mais il est vrai que l'on tend à oublier que durant ces 18 mois, le problème de ces familles est resté entier ", insiste Jacques Dinan.
Des démarches, il y en a eu. La proposition gouvernementale - outre d'identifier des lopins de terre à Bambous, à Bois-Marchand et à Cité-La-Cure - est passée de la construction de cases en tôle et en bois d'une valeur de Rs 40 000, sans toilettes ni aménagements sanitaires, à la construction de 150 unités en dur avec les aménagements de toilettes et salles de bains d'une valeur de Rs 250 000 chacune, ce qui représente un montant total de près de Rs 20 M. Entre ces deux étapes, le dossier est passé des mains du ministère des Terres et du Logement, à celles du ministère des Finances (ministère de tutelle du Trust Fund for the Social Integration of Vulnerable Groups, qui a mené une enquête sur les familles concernées et leur profil), pour ensuite passer au comité du Empowerment Programme qui, lui, a passé le relais au ministère de la Sécurité sociale, qui jusqu'ici ne s'est pas montré très pressé de faire avancer les procédures administratives, selon Patrice Uppiah et Jacques Dinan.
Concrètement, après deux rencontres au mois d'octobre dernier avec les officiers du ministère de la Sécurité sociale, aucune action concrète n'est apparue, alors que tous les stakeholders semblent d'accord. Seule la récente décision du Conseil des ministres, le 1er décembre dernier, fait mention de l'approbation pour la construction de 150 maisonnettes " heavily subsidised " avec un projet d'intégration comprenant des formations et des actions de lancement d'entrepreneuriat, destiné à des familles gagnant moins de Rs 4 000 mensuellement et incluant les 76 familles qui attendent d'être relogées à Bambous. " Ce qui est très important, c'est que le gouvernement et le TFSIVG ont reconnu que ces familles sont en situation de grande vulnérabilité et qu'il faut leur venir en aide ", souligne Jacques Dinan.
Entretemps, les ONG se relaient pour les soutenir au quotidien et les préparer à quitter le logement temporaire qu'elles occupent depuis 18 mois, pour intégrer leur terrain à Bambous. Cela représente des heures d'écoute et de soutien, d'explications et de prises de rendez-vous auprès des autorités pour faire avancer le dossier des ex-squatters de la NHDC. Le projet Terre Nouvelle, qui a été élaboré par le collectif d'ONG, intéresse aussi le gouvernement et pourrait être proposé à d'autres familles en situation de précarité et sans logement.