CARITAS Dans le Nord
30 chômeurs formés en agriculture
Trois hommes et 27 femmes sans emploi habitant le Nord ont bénéficié
l'an dernier, grâce à Caritas, d'une formation en
agriculture. Le but était de leur permettre d'avoir leur
propre potager. Avec le soutien de l'Union européenne,
Caritas prévoit maintenant de mettre un terrain d'un à
deux arpents à leur disposition afin qu'elles puissent
produire des légumes à plus grande échelle.
" Nous nous sommes rendus compte que nombre de personnes
habitant Pointe-aux-Piments et se trouvant au bas de l'échelle
consomment pas mal de légumes et condiments tels le persil,
le thym ou la coriandre. Nous avons pensé qu'ils pourraient
utiliser le petit espace chez eux pour créer un petit potager
", explique Sylvio Benoît, responsable à
Caritas des bénéficiaires de cette formation, dispensée
par l'AREU.
Ce projet comprenait aussi une initiation à l'aviculture.
Chaque bénéficiaire a reçu douze pondeuses
et une batterie, de même qu'une ruche pour la production
de miel. Ce projet est déjà mis en pratique par
les trente personnes mais n'est pour l'heure pas suffisamment
exploité pour être rentable. " Pour l'instant,
ils produisent plus pour leur propre consommation. Ils peuvent
vendre le petit surplus qu'ils ont parfois ", souligne
Sylvio Benoît.
C'est ainsi qu'avec le soutien de l'UE, Caritas compte trouver
un terrain d'un à deux arpents pour ces trente personnes
en vue de les aider à exploiter le projet de manière
plus commerciale et " d'en faire leur métier ".
" Nous sommes toujours en pourparlers pour l'obtention de
ce terrain ".
Comment ont été repérées ces trente
personnes pour cette formation ? " À travers divers
clubs de jeunesse ", répond Sylvio Benoît,
" mais par ailleurs, je suis allé vers celles qui
n'avaient pas d'emploi pour leur proposer cette formation. Au
lieu de rester sans occupation et d'être exposés
aux fléaux sociaux, elles pourront gagner leur vie grâce
à cette formation ". La plupart des femmes bénéficiaires
sont mariées et leurs maris font des travaux saisonniers.
" Pendant les vacances scolaires, on demande aux parents
d'initier leurs enfants aux trésors de la terre ".
Marie-Anne Gentil, 39 ans, a deux enfants. Son mari est maçon.
Elle n'a jamais été employée auparavant.
" Nou finn aprann bokou kitsoz. Nou pa ti konn met fimie,
insektisid, aster mon konn plante. Kot moi, pena gran plas, me
mo plant piman, ditin e zinzam ", dit-elle, avant
de nous confier qu'elle a développé un amour pour
la culture de légumes. " J'occupe mon temps ".
Son vu, maintenant qu'elle a déjà bénéficié
de cette formation, est de disposer d'un espace suffisamment grand
pour agrandir le projet. Les pondeuses, dit-elle, lui permettent
de vendre quelques ufs. " Avan, ti pli difisil pou
aste manze, enn sel dimoun travay. Kan ena lapli, mason pa travay.
Aster, nou ena nou legim, nou dizef ".
Jocelyn Ellis, 35 ans, et père d'une fille, est un ancien
chauffeur et soudeur. Depuis une opération chirurgicale,
il ne peut plus exercer ces métiers. Ayant entendu parler
de ce projet de Caritas, il a suivi la formation. " Formasion-la
permet aprann kouma dibout lor de lipie. Nous avons beaucoup appris
de l'AREU. Pour l'instant, cela ne génère pas de
revenus. Mais, pour un démarrage, c'est bon. Nous espérons
avoir un plus grand espace pour réaliser le projet à
plus grande échelle ".
Marie-Noëlle Colette, 32 ans, mère de cinq enfants,
parvient pour sa part à vendre quelques ufs. "
Avek mo bann zanfan, ti bizin trouv larzan pou aste legim, dizef
alor ki la pe ganye dan la kour ".
À noter que Caritas organise sa quête annuelle du
27 février au 1er mars. Les dons peuvent être envoyés
par chèque à l'ordre de Caritas Île Maurice,
ou par virement bancaire au compte de Caritas Île Maurice,
numéro 011 520 345 à la Mauritius Commercial Bank,
rue Sir William Newton, Port-Louis.