Anniversaire : l'Abri de Nuit de Port-Louis fête ses 15 ans
L'Abri de nuit de Port-Louis a fêté son 15e anniversaire
et cet événement a été marqué
par un programme d'activités du 13 au 21 juin à
l'intention de ceux qu'on y appelle affectueusement les Tontons.
L'Abri de nuit est un projet de Caritas Ile Maurice qui accueille
chaque jour des personnes sans domicile fixe (SDF) et leur apporte
du soutien.
L'Abri de nuit de Port-Louis fut inauguré le 13 juin 1994
par l'Abbé Pierre alors que celui des Plaines-Wilhems est
en opération depuis juin 2005. Cursley Goindoorajoo, coordonateur
national de l'Abri de nuit, donne de son temps aux SDF depuis
20 ans déjà. " Cinq ans avant la création
de l'abri de nuit, nous allions rencontrer les SDF dans la rue,
et nous leur apportions de la nourriture, des vêtements
chauds. Le goût pour le volontariat s'est développé
alors que j'étais au collège, j'allais souvent visiter
les gens démunis. "
Cursley Goindoorajoo s'assure du bon fonctionnement de l'Abri
de nuit : " Les tontons doivent se conformer à des
règles d'hygiène et de comportement. Il faut aussi
nettoyer le centre et attribuer à chacun les vêtements
reçus à travers les donations. " Au cours de
ces trois dernières années, pas moins de 40 Tontons
ont été totalement ou partiellement réhabilités
et ont réintégré leurs familles respectives,
preuve que ce projet de Caritas porte ses fruits.
Martine Goindoorajoo, responsable du centre, assure que les démarches
sont entreprises pour que les SDF obtiennent les papiers nécessaires
à leur réhabilitation ; carte d'identité,
acte de naissance entre autres. La plupart d'entre eux sont chômeurs
et obtiennent des emplois temporaires à travers les contacts
avec les travailleurs sociaux. Tout comme ceux qui sont sans emploi,
ceux qui travaillent ont droit aux facilités qui leur sont
offertes gratuitement aux Abris de nuit.
L'objectif que s'est fixé Caritas à travers les
Abris de Nuit est principalement d'offrir aux Tontons une douche,
un repas chaud et la possibilité de passer une nuit paisible.
Un petit-déjeuner leur est pourvu avant qu'ils ne repartent
le lendemain matin. L'Abri de nuit fait un travail admirable en
développant un esprit de solidarité et de compréhension
mutuelle parmi les SDF.
" Malheureusement, certains expérimentent le rejet
de leurs familles mais nous tentons toutefois de les réhabiliter
dans la société ", explique Martine Goindoorajoo.
Une vingtaine d'animateurs bénévoles sont présents
chaque soir au centre à partir de 16 heures pour aider
les gérants. Les volontaires aident au service des repas
et animent les soirées par des chants, de la musique, racontent
des histoires et aident aux démarches administratives.
Ce contact facilite le dialogue, la création de liens et
établit une relation de confiance entre les sans-abri et
les volontaires.
Tonton Vijaye, âgé de 64 ans et habitué du
centre raconte : " Sa fer 13 ans ki mo vinn dan Abri de nuit
tou le tanto. Se enn moyen pou pas letan et sa ed moi bliye tou
mo bann traka. Mo gagn kamarad isi et nou koze riye ansam. Mo
bien kontan tap tabla et depi ki mo isi, monn aret pran lalcol.
Mo kontan fer inpe travay pou l'Abri de nuit, mo fer pint, sofer,
et mo okip inpe lakwizinn. Entretan mo pran linitiativ e mo pe
rod enn ti travay gardien touzour pou mo kapav debat. "
Dans le cadre des 15 ans de l'Abri de nuit, une semaine d'activités
a été prévue incluant des tournois de cartes
ou de dominos animés par un ancien SDF, des causeries par
d'autres associations, entre autres. Une rencontre amicale a eu
lieu entre les "tontons" et les animateurs. " Les
activités se sont passé dans une ambiance très
conviviale, nous avons dîné, chanté et dansé
ensemble ", déclare Cursley Goindoorajoo. Pour clore
cette semaine d'activités, une messe d'action de grâce
a été dite en la Cathédrale St-Louis dimanche
21 juin.
Appel à bénévoles
L'association Caritas Ile Maurice fonctionne grâce aux dons
qu'elle reçoit. Marie Maunick participe pleinement à
la collecte de dons pour l'association. Cette Mauricienne organise
souvent des levées de fonds en Australie, pays où
elle réside, au profit de l'Abri de nuit. " La pauvreté
n'est pas une maladie, je pense que la société et
les jeunes en particulier devraient changer leur regard ",
déclare Marie Maunick. Pour sa part, Cursley Goindoorajoo
estime que " le travail de Marie est un exemple à
suivre par tous ". Il lance un appel à ceux intéressés
à uvrer comme bénévoles ou animateurs
au sein de l'Abri de nuit à prendre contact avec Caritas
par téléphone, ou par courriel à l'adresse
suivante : caritas@intnet. mu